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Voyager solo à Huatulco, Mexique : dire oui à l’inconnu

  • 20 janv.
  • 4 min de lecture

Eres del crucero?


La question m’a suivie toute la journée. Non, je ne viens pas de ce gigantesque bateau qui bloque l’horizon. Je suis arrivée seule, avec mon sac et mes envies, prête à créer mes propres expériences. Et ce premier jour à Huatulco allait me le rappeler. Dire oui peut parfois transformer une simple promenade en un moment inoubliable.




Petit rituel du matin

C'est sur le sol poussiéreux de ma chambre, encore marquée par le temps depuis le dernier balayage, que je déroule mon tapis de yoga. Le cerveau encore engourdi et le corps raide, je commence ma séance avec de doux mouvements, laissant chaque articulation se réveiller lentement sous le soleil qui filtre par la fenêtre.


À deux minutes de marche de mon hôtel, la Casa del Café m’accueille avec son odeur de grains torréfiés et le murmure des conversations matinales. Je savoure un cappuccino au lait végétal, mon carnet ouvert devant moi, et je laisse mes pensées glisser sur le papier. Ici, écrire devient un geste simple, presque méditatif, qui rythme la douceur de ce début de journée.


Le tout avalé, je me dirige presque au hasard vers le port. Ce n’est pas un port authentique, plutôt un lieu où les touristes embarquent pour des excursions en mer. Et pourtant, il a son charme.


Les bateaux oscillent doucement sur les vagues, tandis que les gougounes sont soigneusement alignées à l’entrée. Les maisons colorées perchées en hauteur donnent un cadre pittoresque à la scène, et les sombreros sur la tête des hommes me rappellent subtilement que je suis bien au Mexique.


Chaque petit détail attire mon regard. Le reflet du soleil sur l’eau, le bruit des rames, l’odeur légèrement salée du Pacifique. Buvant mon deuxième café à emporter de Casa del Café, je savoure cette visite inattendue comme un petit cadeau de la journée.




Première immersion à la plage de Santa Cruz

En arrivant à la plage de Santa Cruz, je suis surprise, elle est bien plus tranquille que ce que j’avais imaginée. Mais j'ai le sentiment que cela ne durera pas.


Pour l’instant, je laisse mes pas me guider sur le sable déjà chaud, explorant les restaurants et boutiques qui s’étirent le long du rivage. Sans trop y réfléchir, je m’installe à l’extrémité droite de la plage. Ce simple hasard va transformer le reste de ma journée.


Je m’enfonce dans mon journal, laissant mes pensées glisser sur le papier... idées folles, envies qui bouillonnent, projets de nature et de liberté. Entre deux pages, je m’évade dans Encabannée, un livre que Romain m’a recommandé et qui nourrit encore plus mon désir de m’éloigner du quotidien. Quand l’inspiration faiblit, je prends un sudoku, puis recommence. Écriture, lecture, sudoku, bercée par le clapotis de l’eau et le vent léger.


La plage et la simplicité

La plage n’a rien de spectaculaire. Elle n’essaie pas d’impressionner. Elle est là, tranquille, évidente, comme si elle savait exactement ce dont j’avais besoin pour commencer ce voyage. L’eau du Pacifique est chaude, enveloppante, juste assez fraîche pour apaiser ma peau chauffée par le soleil. Les vagues viennent glisser autour de mes chevilles, et je me surprends à penser que le bonheur ressemble souvent à ça. Quelque chose de discret, qui n’élève jamais la voix.


À quelques pas de ma serviette, une rangée de restaurants borde la plage. Pratique, presque trop facile. Je m’installe à l’un d’eux et commande la ensalada verde, unique option végétarienne du menu, sans trop savoir à quoi m’attendre.


Quand l’assiette arrive, je ris intérieurement. Tout est vert. Intensément vert. Laitue, avocat, concombre, céleri… Une monochromie inattendue. Pourtant, dès la première bouchée, les textures se répondent : le crémeux de l’avocat, le croquant du céleri, une pointe de piment qui réveille le tout. Ce n’est rien d’extraordinaire, mais c’est exactement le genre de simplicité qui apaise.




bateau de pêcheurs sous les palmiers au port de Huatulco, Oaxaca


Dire oui à l’inconnu

C’est vers la fin de l’après-midi, toujours prêts du stand d'embarcations marines que la vie vient me bouger hors de ma serviette de plage. Victor, le propriétaire, me lance une proposition inattendue, celle de l’accompagner en mer. Mon instinct hésite une seconde… puis je dis oui. Juste comme ça, sans plan, sans réfléchir.


Assise dans notre petit kayak bleu, chaque coup de pagaie me rapproche de l’inconnu. Le vent sur ma peau, le clapotis de l’eau, le soleil qui descend doucement, tout me rappelle que j’ai choisi de faire confiance à l’instant. Nous traversons la baie pendant dix minutes, et je sens une excitation étrange, douce, celle qui naît quand on accepte l’imprévu.


Quand nous accostons à la playa El Paraíso, je grimpe pieds nus jusqu’à un point de vue. La vue est belle, mais ce qui me fascine, ce sont les détails. Les vagues qui viennent se briser contre les rochers sculptés par le temps, les cactus fiers qui percent la végétation sèche, et le souffle du vent qui traverse tout. Je me rends compte que dire oui à l’inconnu peut offrir des moments comme celui-ci, simples, puissants et magiques.


Telle une scoute suivant son guide, j’embarque à nouveau dans le kayak, sans savoir que nous allons bientôt plonger dans l’eau, masque et tuba sur le visage.


Dès que je flotte, le monde sous-marin s’ouvre devant moi. Les coraux s’étendent à perte de vue, un jardin vivant et coloré où je glisse, émerveillée. Des poissons aux teintes improbables nagent autour de moi. Petits et bleus, parsemés de points mauves fluorescents, puis un plus gros, bleu aussi, avec un visage presque humain. Je jure qu’il me sourit. Et puis, le clou du spectacle : une énorme tortue, majestueuse, glisse lentement sous moi, comme si elle me saluait.




Retour sur la plage

De retour sur la plage, le soleil disparaît derrière l’horizon, le vent s’est calmé, et le clapotis de l’eau devient presque silencieux. Je retrouve ma serviette laissée sur le sable humide, le cœur léger.


J’adore plonger dans mon monde intérieur, entre mes cahiers et les activités de mon sac-à-dos. Mais parfois, le partage du monde extérieur apporte encore plus... Une confiance nouvelle, un émerveillement simple, et la certitude que la magie arrive quand on se laisse porter.


J’ai dit oui à cet inconnu, et je repars avec encore plus d’histoires et de sensations à inscrire dans mon journal.


Je devrais dire oui plus souvent.














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