Au‑delà des postures : doutes, peurs et découvertes du yoga
- 12 janv.
- 4 min de lecture
Le yoga n’est pas seulement une série de postures. C’est aussi un miroir qui fait surgir nos peurs, nos doutes et nos questionnements les plus profonds. Ces moments d’incertitude font partie du voyage, et je sais combien ils peuvent nous faire sentir seuls.
Dans ces lignes, je partage mon chemin personnel avec le yoga : mes découvertes, mes hésitations, et ce que cette pratique m’a appris sur moi-même. Mon intention est simple : montrer que ces questionnements font partie du processus, et, peut-être, que mon récit vous fera sentir un peu moins seul face aux vôtres.
Découverte du yoga après des années de danse
J’ai commencé à faire du yoga il y a environ 12 ans, après avoir arrêté la danse que je pratiquais depuis que j’étais toute petite. La danse était toute ma vie. Pourtant, après mes études dans ce domaine, j’ai tout abandonné. La réalité, c’est que j’ai arrêté ma passion par manque de confiance en moi.
Après plus de 20 ans à danser, puis à tout arrêter du jour au lendemain, il était normal que le mouvement du corps me manque. Quelques années plus tard, le yoga est entré dans ma vie. Les asanas sont alors apparues de façon aléatoire dans mon quotidien. Elles m’apportaient ce mouvement et cette conscience du corps que j’avais perdus en arrêtant la danse.
Mon Yoga Teacher Training (YTT) en Inde : apprentissage, peurs et questionnements
En mai 2023, je décide de faire ma formation de professeure de yoga à Rishikesh, la capitale mondiale du yoga, en Inde. Je ne sais pas encore si je veux réellement enseigner, mais l’idée de bouger et de m’activer du matin au soir pendant un mois me fait envie.
Ce que je ne savais pas en m’inscrivant à ce 200 heures de formation, c’est que je n’allais pas seulement activer mon corps ou apprendre à bien exécuter des postures.
La philosophie, l’histoire, le corps humain, le pranayama et les kriyas (respiration), le dhyana (méditation), l’Ayurveda (la connaissance de la vie), la nutrition, les habitudes de vie, le sanskrit… Mon cerveau a été nourri d’informations capables de transformer mes habitudes et ma manière de voir la vie.
Pendant un mois à Rishikesh, j’étais au paradis. Je bougeais, j’avais une structure de vie orientée vers mon bien-être, j’apprenais, et j’étais entourée de femmes et d’hommes des quatre coins du monde qui vivaient, comme moi, cette transformation.
La vie était belle. Demandante mentalement et physiquement, mais très belle.
Je me souviens encore de ce moment. À l’aéroport de Delhi, en attendant mon vol de retour au Québec, j’écoutais des mantras indiens en boucle dans mes écouteurs, envoûtée par ce nouveau monde. J’étais déterminée à prolonger cette aventure une fois rentrée à Montréal, dans la “vraie vie”.
Le choc du retour
Les intentions étaient belles, mais la réalité m’a rattrapée.
Les professeurs n’étaient plus là pour m’ancrer, le quotidien m’engloutissait, et autour de moi, peu de gens comprenaient ce chemin. Je me sentais seule, étrange, “transformée” à l’extérieur, perdue à l’intérieur.
Ce monde de philosophie et d’anciennes croyances, qui fait énormément de sens pour moi, n’intéressait pas mon entourage. Je devenais la “bizarre”, celle qui part un mois en Inde et revient “transformée”, “hippie”, “yogi”, “perchée”.
La routine travail, trafic, ménage, dodo reprenait toute la place, étouffant mes envies et m’empêchant de maintenir mes pratiques et bonnes habitudes.
Autant je m’étais sentie alignée pendant un mois, autant aujourd’hui, je ne savais plus qui j’étais ni qui je voulais être.
La peur et le chemin personnel
Je n’ai pas su répondre à ces questions immédiatement. Il m’a fallu du temps, du silence et de l’écoute pour commencer à comprendre ce qu’est réellement le yoga.
Le yoga ne se limite pas aux asanas (postures physiques), ni aux gouttes de sueur qui coulent sur le visage en Adho Mukha Svanasana (chien tête en bas). Le véritable yog (yoga en sanskrit) se révèle à l’intérieur, dans l’espace subtil où le souffle rencontre l’esprit, où le corps devient un lieu d’observation plutôt que de performance.
Comprendre cela est une chose. L’incarner, le laisser infuser dans chaque instant, en est une autre, plus lente, plus exigeante, et profondément transformatrice.
Conclusion : avancer malgré la peur
Je suis encore loin d’avoir toutes les réponses à ces questions, et peut-être que je ne les aurai jamais. Mais aujourd’hui, je suis en paix avec cette incertitude, parce qu’au moins je sais une chose : le yoga me fait du bien.
J’ai longtemps cru que la peur était un frein. Elle m’a poussée à abandonner la danse, cette passion qui avait façonné mon enfance. Aujourd’hui, je comprends que cette peur fait partie intégrante du processus. Sans elle, sans les doutes et les questionnements, il n’y aurait pas de véritable transformation.
Le yoga m’apprend à avancer malgré la peur, un pas à la fois. À respirer, à ressentir, à observer. Et surtout, à faire confiance au chemin qui se dévoile doucement, à son rythme, avec patience et bienveillance.
Peut-être qu’un jour, je pourrai écrire un article suite à celui-ci, pour partager ce que j’aurai découvert de plus sur cette pratique qui continue de m’accompagner chaque jour.
En attendant, un pas à la fois… pour moi, pour toi, pour chacun de nous. Respire. Observe. Avance. Encore un pas. Encore un pas.







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